Joyaux de la couronne d'Angleterre : histoire d'un trésor
L'histoire des joyaux de la couronne d'Angleterre traverse un millénaire de pouvoir. Elle inclut rites et savoir-faire joaillier. Des insignes médiévaux au trésor de la Tour de Londres, l'histoire est riche. Elle éclaire la place des couronnes, sceptres et pierres précieuses. Ces objets sont clés pour le couronnement du roi. Ils sont aussi la mémoire de la monarchie.
Histoire des joyaux de la couronne du Moyen Âge à nos jours
Les joyaux de la couronne britannique sont un ensemble vivant. Il est liturgique, politique et patrimonial. Cette trajectoire éclaire aussi l'histoire joaillerie liée au pouvoir anglais. On voit le choix des matériaux et la codification des formes. L'usage répété de symboles sacrés est important.

Des origines médiévales à la destruction sous Cromwell
La première description d'un rituel de sacre date de 973. C'était lors du couronnement du roi Edgar à Bath. L'histoire s'articule autour d'objets précis. Les couronnes, sceptres, anneaux et insignes royaux sont essentiels. Ils prennent place dans une liturgie codifiée. En 1066, Guillaume le Conquérant fixe la tradition du sacre. Cela se passe à l'abbaye de Westminster, un lieu central.
Cette continuité est rompue brutalement en 1649. Après l'exécution de Charles Ier, Cromwell agit. Son régime fait fondre ou disperse les joyaux médiévaux. Une seule pièce majeure échappe à la destruction. C'est la cuillère du sacre, datée du XIIe siècle. C'est aujourd'hui l'objet le plus ancien de la collection.
La renaissance des joyaux de la couronne après 1660
Avec la Restauration, Charles II doit tout reconstituer. En 1661, des emblèmes sont créés. Il y a la couronne de saint Édouard et le Sceptre du Souverain. Le Globe du Souverain est aussi créé. Ce XVIIe siècle marque un tournant durable. La plupart des joyaux de la couronne actuels en proviennent. Leur valeur est rituelle et liée à leur ancienneté.
La couronne de saint Édouard est unique. On l'appelle parfois saint Édouard. Elle est centrale au couronnement d'un nouveau souverain. Elle sert au moment du sacre royal. Alors, le souverain reçoit sa charge. L'histoire des perles royales est aussi importante. Elle montre le rôle des perles dans ces parures.
Jusqu'au XXe siècle, certaines gemmes majeures n'étaient pas conservées de manière permanente. Elles étaient louées pour la cérémonie, à hauteur de 4 % de leur valeur, puis rendues aux joailliers.
Conservation et sécurité à la Tour de Londres
Depuis 1660, les joyaux de la couronne britannique sont gardés. Ils sont à la Tour de Londres, dans la Jewel House. Cet ensemble réunit plus de 140 objets. Il y a plus de 23 000 pierres précieuses. Le gouvernement britannique en a la responsabilité. L'histoire des bijoux anciens histoire éclaire cette valeur. Elle montre leur place en joaillerie circulaire.
Un épisode célèbre renforce les protections. En 1671, Thomas Blood tente un vol. Cela durcit la sécurité des joyaux de la couronne. Depuis, leur présentation au public est strictement encadrée.
Chaque objet intervient à un moment précis. Le rituel est célébré à Westminster. Certains sont liés au couronnement du roi. Ce lien unit l'usage, l'histoire et la représentation. Il rend les joyaux de la couronne britannique uniques. C'est un ensemble inégalé dans le patrimoine européen.
Les grandes couronnes et insignes cérémoniels du royaume
Chaque pièce a une fonction précise. C'est lors de la cérémonie du couronnement britannique. Les couronnes varient par forme, poids et métal. Certaines touchent la tête du souverain britannique un court instant. D'autres accompagnent le roi ou reine. C'est pour les grandes cérémonies d'État, tout au long du règne.

Les couronnes royales et leurs fonctions cérémonielles
Parmi les couronnes, celle de saint Édouard est la plus solennelle. Charles II l'a commandée en 1661. Elle est en or 22 carats et pèse 2,23 kg. Elle porte 444 pierres précieuses. Saphirs, topazes et rubis la composent. Elle est strictement réservée au sacre. Son rôle symbolique est fort.
La couronne d'État impériale est différente. On l'appelle couronne impériale d'apparat. Elle a été conçue pour un usage régulier. Elle fut créée pour la reine Victoria en 1838. Elle pèse environ 900 grammes. Elle a 2 868 diamants et 273 perles. On y trouve 17 saphirs, 11 émeraudes et 5 rubis. C'est une structure plus maniable. Elle sert aux ouvertures du Parlement et cérémonies officielles.
- Couronne impériale des Indes (1911) : fabriquée pour George V pour le Durbar de Delhi, environ 6 002 pierres précieuses; portée une seule fois, car la loi interdit de sortir les joyaux du territoire britannique.
- Couronne de la Reine Mère (1937) : réalisée en platine, 2 800 diamants issus en grande partie de la collection de la reine Victoria; elle abrite le diamant Koh-i-Noor en son centre.
D'autres pièces complètent cet ensemble. Le diadème de George IV date de 1820. Il a une structure de diamants et de perles. Il est orné de croix pattées. Plus léger que les grandes couronnes, il est souvent vu. Il apparaît dans les portraits officiels et les cérémonies.
Le goût de la reine Mary pour les perles était particulier. Cela éclaire bien l'esthétique des parures. Cette profusion n'est jamais gratuite. Chaque pierre capte la lumière. Elle affirme le rang sans alourdir la lecture.
Sceptres, globes et objets sacrés du couronnement
Les insignes cérémoniels ne sont pas que les couronnes. Le sceptre royal avec Croix fut créé pour Charles II. Il mesure 92 cm et date de 1661. Il rassemble 333 diamants et 31 rubis. Il a 15 émeraudes, 7 saphirs, 6 spinelles et une améthyste. Il figure l'autorité du monarque. Depuis 1910, il reçoit le Cullinan I. Ses 530,2 carats en font la plus grande pierre blanche du monde.
Le Globe du Souverain, de 1661, est riche en gemmes. Il est serti de plus de 600 pierres. Il rappelle le lien monarchie-Église anglicane. La cuillère du couronnement est un reliquat. C'est le seul survivant des anciens insignes du XIIe siècle. Elle contient l'huile sainte pour l'onction. C'est un détail discret, mais central à la cérémonie du couronnement.
Les pierres précieuses emblématiques des joyaux de la couronne

Les diamants Cullinan, au centre des insignes royaux
Découvert le 26 janvier 1905, le Cullinan brut était énorme. Il pesait 3 106 carats et mesurait 10 cm. Les diamants Cullinan, après taille, ont donné neuf gemmes. Ils ont aussi produit 96 brillants plus petits. Ils sont répartis entre les insignes royaux et la collection privée. Aucun autre diamant n'a produit d'ensemble comparable.
- Cullinan I : Grande Étoile d'Afrique : 530 carats, taille poire, plus gros diamant incolore taillé au monde, enchâssé dans le Sceptre du Souverain avec Croix depuis 1910.
- Cullinan II : Deuxième Étoile d'Afrique : 317 carats, taille coussin, au centre de la State Crown (couronne impériale de l'État).
- Cullinan III et IV : 94 et 63 carats, surnommés « Granny's Chips » par la reine Élisabeth II, souvent portés en broche lors de cérémonies officielles.
Le diamant Cullinan brut fut offert en 1907. Le gouvernement du Transvaal l'a donné au roi Édouard VII. Sa division fut confiée aux lapidaires d’Amsterdam. Cela exigea plusieurs semaines d’étude. Joseph Asscher frappa la pierre le 10 février 1908.
Le Koh-i-Noor, le Prince Noir et la mémoire des couronnes
Parmi les pierres précieuses emblématiques, le Koh-i-Noor est unique. Ce diamant Koh-i-Noor de 105 carats a une histoire. Son nom persan signifie « montagne de lumière ». Il est passé des moghols à Nader Shah. Puis il fut propriété de souverains indiens. Il fut remis à la reine Victoria en 1851. Il orne aujourd'hui la couronne de la Reine Mère, de 1937.
Lors du couronnement de Charles III en 2023, le Koh-i-Noor n’a pas été porté. Ce choix s’explique par des revendications. L’Iran, l’Inde, le Pakistan et l’Afghanistan le réclament. Cela prouve que des gemmes sont politiques et joaillières.
Le Prince Noir relève d'identifications anciennes. On l'appelle Rubis du Prince Noir. Offert à Édouard de Woodstock en 1367, il est irrégulier. Il pèse 170 carats. Ce n'est pas un rubis. C'est un spinelle rouge. Cette nuance est essentielle. Il faut replacer ces pièces dans leur contexte minéralogique.

| Gemme | Nature réelle | Poids | Localisation actuelle |
| Koh-i-Noor | Diamant | 105 carats | Couronne de la Reine Mère |
| Rubis du Prince Noir | Spinelle rouge | 170 carats | Couronne impériale de l'État |
| Cullinan I | Diamant incolore | 530 carats | Sceptre du Souverain |
| Saphir d'Édouard le Confesseur | Saphir | Non précisé | Couronne impériale de l'État |
Saphir ancien, perles attribuées à Elizabeth et couronne impériale d'apparat
Le Saphir d’Édouard le Confesseur est taillé en rose. Il est de forme octogonale. Il proviendrait de l’anneau du roi du XIe siècle. Ce pourrait être l'objet le plus ancien de l'ensemble. Ce saphir orne aujourd’hui la couronne impériale d'apparat.
Par contre, certaines attributions restent incertaines. Les quatre longues perles viennent de la couronne d'État impériale. Elles sont liées à Elizabeth I. Il n'existe pas de preuve définitive. Leur intérêt est symbolique. Il tient plus à la transmission qu'à la matière.
Foire aux questions
À qui appartiennent les joyaux de la couronne britannique ?
Les joyaux de la couronne britannique sont tenus en fiducie. Le roi les garde au nom de la nation. Ils ne sont pas son patrimoine privé. Ces insignes ne peuvent être vendus. Ils sont conservés à la Tour de Londres depuis 1660. Le public peut voir ces couronnes et insignes. Ils sont transmis d'un couronnement à l'autre.
Quelle est la couronne la plus ancienne des joyaux de la couronne d'Angleterre ?
La couronne de Saint Édouard est la plus ancienne. Elle reste intacte et est toujours utilisée. Elle fut faite en 1661 pour Charles II. C'était après la destruction des insignes sous Cromwell. La cuillère du couronnement est plus ancienne. C'est la seule survivante des objets du XIIe siècle.
Pourquoi le Koh-i-Noor n'a-t-il pas été porté lors du couronnement de Charles III en 2023 ?
Le Koh-i-Noor n'est pas utilisé. Il n'était pas sur les couronnes de Charles III. La raison est un contexte diplomatique sensible. L'Inde, le Pakistan, l'Afghanistan et l'Iran le revendiquent. Son absence a évité une controverse. La cérémonie était suivie dans le monde entier.
Un trésor qui traverse les siècles
Des insignes médiévaux furent détruits sous Cromwell. Jusqu'aux diamants Cullinan, l'histoire est vaste. Les joyaux de la couronne d'Angleterre racontent près de mille ans. Ils parlent de pouvoir, rites et savoir-faire. C'est la preuve qu'un bijou traverse les époques. Il garde toute sa force et sa valeur.
Et vous, quelle pièce vous fascine le plus? Est-ce le Cullinan I, le Koh-i-Noor ou la couronne de saint Édouard?

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